Mylène Hamel et Jessyca Reid

Geneviève Blais, une ancienne élève de Racicot (1995), a lancé le 10 octobre dernier à Montréal, son premier recueil de poésie, L’incident se répète, aux Éditions Poètes de brousse. Jessyca Reid et Mylène Hamel l’ont rencontrée lors de son passage à Saint-Jean-sur-Richelieu au mois de septembre.

Entrevue avec la poète Geneviève Blais, auteure de L’incident se répète

Par un beau dimanche de septembre, nous avons rencontré la poète et enseignante Geneviève Blais, et celle qui a écrit L'incident se répète était resplendissante et tout ouïe. Nous l'avons trouvée débordante de joie et elle nous a répondu avec un enthousiasme palpable. Cette jeune femme d'une trentaine d'années a, selon nous, beaucoup à apporter à la poésie d'aujourd'hui.

Geneviève BlaisJournal Racicot : Qu'est-ce qui vous a amenée à écrire?

Geneviève Blais : J'ai toujours écrit. Quand j'étais toute petite, lorsque j'étais malade et que je retournais à la maison, c'était le moment où je pouvais écrire, et au fil des ans, eh bien, il y a des professeurs et des gens qui m'ont encouragée à persévérer. J'ai continué, ensuite j'ai fait mon cégep en art et lettres à St-Jean, mon bac et ma maîtrise à l'UQÀM.

J.R. : Vous dites que vous écrivez d'autres textes. Du même genre ou différents?

G.B. : Ce n'est pas d'autres genres. C'est toujours de la poésie. J'ai différents projets :   présentement, je travaille à un projet qui est parti d'une installation vidéo alors j'exploite beaucoup le visuel. Et puis, je suis allée en Chine. J'ai passé les deux dernières années là-bas, donc tous les autres textes ont un rythme différent parce que la Chine, ça bouge. La préparation est différente aussi, mais il y a le fait que ça reste toutefois des poèmes.

J.R. : Vous avez fait un bac et une maîtrise. Est-ce que la formation universitaire a répondu à vos attentes ?

G.B. : Je dirai que le bac, c'est un bac. C'est général. Tu fais de belles rencontres parce qu'il y a des professeurs qui sont des écrivains que tu aimes,  Paul Chamberland, entre autres, c'est ce qui est intéressant. Je dirai que c'est vraiment au niveau de la maîtrise que ça devient réellement intéressant parce que tu as un projet, parce que pour être acceptée, tu dois soumettre un projet que tu mets en branle avec un directeur, et moi, j'avais René Lapierre, qui est un poète aussi. La maîtrise n'a peut-être pas été au-dessus de mes attentes, mais elle m'a beaucoup apporté.

J.R. : Donc, est-ce un avantage pour un écrivain de faire un bac, une maîtrise?

G.B. : Ah non! Je ne le pense pas. Il y a des gens qui sont autodidactes et qui écrivent chez eux, qui n'ont pas besoin de cadre et qui sont très disciplinés, tandis que moi, en allant faire ma maîtrise, ça me permettait de me faire un horaire et d'être structurée. Personnellement, ça m'a été profitable, mais je ne pense pas que ce soit une obligation. Un écrivain pourrait ne pas aller au cégep. On rencontre beaucoup de gens qui écrivent, et c'est fort intéressant d'être avec des gens qui partagent la même passion que toi, ça peut être profitable.

J.R. : Où avez-vous trouvé votre inspiration pour votre recueil ?

G.B. : Je suis partie d'un montage vidéo, alors je travaille beaucoup l'image, le mouvement, la lumière, l'écran. Je suis aussi partie de certaines choses extérieures, dont l'Irlande. Ce qui m'inspire, c'est de travailler avec le langage, de construire à partir de la matière.

J.R. : Est-ce que vous avez un but ultime quand vous écrivez,  est-ce que vous voulez faire vivre des émotions aux gens ou vous écrivez plus pour vous?

G.B. : Je ne pense pas qu'on ait de but ultime en poésie.  Je n'ai même pas d'idée quand je commence, quand j'écris. J'ai décidé de publier pour pouvoir poursuivre et ne pas rester prise dans un style d'écriture, de défaire les structures du langage qu'on s'invente.

J.R. : Quelles sont les personnes qui vous ont le plus influencée dans votre écriture ?

G.B. : Ouf!... C'est difficile de faire une liste. Ayant travaillé avec René Lapierre... C'est sûr que j'aime beaucoup Suzanne Jacob, même si on a une écriture qui est très différente. Il y a des écrivains qui me donnent envie d'écrire,  Simone de Beauvoir par exemple, c'est une écrivaine qui donne envie d'écrire, puis Jean-Luc Nancy en poésie. La découverte de Denis Vanier en commençant mon bac a été vraiment importante pour moi, cela m'a permis d'aller plus loin dans l'écriture. Ce sont des écrivains qui m'influencent, non pas sur ma façon d'écrire, mais sur l'envie d'écrire. Il y en a tellement...

J.R. : Comment vous décririez-vous? Comme une poète ?

G.B. : (Rires) Comment je me décris? Je me décris comme une femme touchée par plein de choses. Je sais que ma façon de vivre, c'est par les mots. Dire  je suis poète, c'est gros. Je vais plutôt dire : « J'écris ». Je ne me sens pas gênée d'écrire de la poésie,  je ne me sens pas mal à l'aise. C'est plus en rapport avec ce qu'est un poète pour moi.

J.R. : Vous êtes professeure. Est-ce que votre métier vous inspire beaucoup ?

G.B. : J'ai des contrats, mais je n'ai pas étudié pour devenir professeure. Je ne pourrai pas te répondre. L'univers scolaire ne se retrouve pas dans mon écriture. En Chine, j'enseignais, et le contact avec les étudiants chinois me permettait un contact avec la culture.  Ici, c'est ma culture. Ailleurs, tu n'as pas le choix d'être touchée parce que tu es à l'autre bout du monde; si tu ne te laisses pas toucher par cette culture-là, c'est inconcevable.

L'interview s'est terminée sur une conversation amicale entre « personnes qui écrivent » et avec un conseil, chers lecteurs : vous ouvrir. Nous remercions beaucoup Geneviève pour cet échange que nous avons toutes deux beaucoup apprécié !

Le recueil de Geneviève Blais est disponible à la bibliothèque.

Dernière mise à jour de cette page le 13/01/2008

Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com - Signaler un contenu illicite - Voir d'autres sites dans la catégorie École / Collège / Lycée / Université
Videos Droles - Clips musique - Cours création de site web