
LES MAUVAIS TRAITEMENTS INFLIGÉS AUX ANIMAUX MÈNENT-ILS À LA VIOLENCE ?
Depuis plusieurs années, les spécialistes ne s'entendent pas sur une chose : la violence faite aux animaux qui mène souvent à la violence envers les êtres humains. Plusieurs recherches confirment que ce phénomène engendre réellement la violence envers les humains, cependant d'autres tendent à affirmer le contraire. La question que l'on peut alors se poser est : les études sont-elles crédibles ou est-ce une croyance populaire que d'affirmer que la violence faite aux animaux engendre la violence faite aux humains? Pour notre part, nous croyons qu'il s'agit de faits étayés par des preuves crédibles depuis plusieurs années. Dans ce texte, nous parlerons des deux types de violence les plus fréquents : les cas de violence familiale, comme les femmes battues et les enfants maltraités qui sont le fruit de l'exemple de la violence des parents sur des animaux, et les crimes agressifs et violents, tels les meurtres et les viols qui, souvent, sont annoncés par des actes cruels sur des animaux durant la jeunesse des criminels. Nous débuterons par les cas de violence familiale avec des cas vécus et des situations observées en lien avec ce problème. Par la suite, nous parlerons des crimes agressifs et violents en démontrant, à l'aide de preuves et de faits, notre point de vue sur la question.

Pour débuter, lorsque l'on parle de la violence faite aux animaux et des conséquences encourues dans les relations familiales, nous pouvons rapidement constater un lien de cause à effet. Si on observe les recherches effectuées à ce sujet, nous pouvons découvrir des données frappantes : dans 88% des 57 familles du New Jersey suivant un traitement pour avoir abusé d'enfants, les animaux du foyer y ont été maltraités (1). Sur les 23 familles anglaises ayant eu un problème d'animaux délaissés, 83% d'entre elles, selon les experts, risquaient d'abuser ou de délaisser leurs enfants (2). De plus, une étude de femmes battues démontre que 57% de celles ayant eu des animaux familiers ont révélé que leurs partenaires ont maltraité ou tué des animaux. Dans ce groupe de femmes, une sur quatre affirmait qu'elle restait avec son bourreau uniquement parce qu'elle appréhendait de lui laisser leur animal (3). Avec ces faits, nous pouvons donc remarquer que les personnes plus fortes, en l'occurrence les parents, vont avoir tendance à abuser des personnes plus vulnérables qu'elles, leurs enfants, qui, eux, vont reproduire le comportement inculqué : l'animal de la famille sera dans la plupart des cas la victime de cette chaîne d'abus. Il peut aussi arriver que l'animal soit violenté par le parent lui-même; par la suite, l'enfant reproduira lui aussi le comportement agressif de son parent sur l'animal. Il y a une forme de continuité marquée dans les façons d'agir de ces personnes : la majeure partie du temps, les gens qui ont ce tempérament violent envers les animaux vont se servir de cette action comme échappatoire ou défoulement à une forte colère ou à une grande tristesse. Un témoignage d'un expert de l'Université Cornell peut confirmer cela : « Les enfants dans les foyers violents sont caractérisés par une participation fréquente dans l'ordre du pouvoir, par lesquels ils peuvent estropier ou tuer un animal, en fait, la violence domestique est l'arrière-plan le plus fréquent pour la cruauté de l'enfant envers les animaux. »(4) Après ces énoncés, nous pouvons constater que lorsque l'on parle d'un cas de violence dans une famille commise par le parent ou l'enfant sur l'animal, deux options peuvent être possibles : l'enfant est lui-même une victime ou encore il reproduit l'action du parent sur l'animal.
De plus, les crimes violents perpétrés sur des humains à la suite de violences faites préalablement sur des animaux s'avèrent fort nombreux. En effet, selon une étude du Juvenile Justice Bulletin de septembre 2001, sur un échantillon de 153 personnes allant de 11 à 76 ans, dans le lot de ceux ayant commis des crimes violents, près de 40% des répondants au sondage ont admis avoir commis des actes violents sur des animaux auparavant, contre seulement 10% environ qui disaient n'avoir rien fait aux animaux dans leur jeunesse ou plus récemment. Ces statistiques sont déjà alarmantes, mais le docteur Albert Schweitzer, humaniste, n'a-t-il pas dit également : « Quiconque s'étant habitué à regarder la vie de n'importe quelle créature vivante comme si celle-ci n'avait aucune valeur, risque dangereusement de se faire aussi à l'idée que les vies humaines sont sans valeur. » De plus, Robert K. Ressler, profileur de tueurs en série pour le FBI, ajoute : « Les tueurs commencent très souvent par torturer et tuer des animaux quand ils sont tout gosses. » D'après plusieurs autres experts, sociologues, législateurs et tribunaux, ces actes sont des signes avant-coureurs d'une pathologie violente incluant des victimes humaines. Plusieurs spécialistes du FBI ont trouvé qu'un passé de cruauté envers les animaux revient souvent dans les dossiers des violeurs et tueurs en série des États-Unis (5). Ces derniers sont assez convaincants quant à leurs actes de violence sur des animaux. Pensons à Patrick Sherill, qui assassina 14 de ses collègues dans un bureau de poste avant de s'enlever la vie : il avait la réputation de voler des animaux du quartier pour les donner à son chien pour qu'il les mutile. Un autre exemple est celui d'Albert DeSalvo, l'étrangleur de Boston, qui tua 13 femmes : il enfermait des chiens et des chats dans des cageots pour ensuite leur tirer des flèches. Le tueur en série Jeffrey Dahmer empalait des têtes de chat, de chien et de grenouille sur des bâtons !
Malheureusement, cette violence envers les animaux n'est examinée qu'après que l'enfant ait grandi et qu'elle ait été exercée contre des humains. Donc, il devient évident que toute cette rage meurtrière était accompagnée de signes avant-coureurs de violence et de cruauté envers des animaux.
Finalement, ces faits démontrent que tous ces phénomènes sont reliés entre eux, et que chacun d'eux, la violence faite durant la jeunesse aux animaux, comme les crimes violents de tueurs et violeurs en série, est directement lié aux comportements violents envers les animaux. Nous pensons donc que ce phénomène est bien réel, que les recherches le concernant sont bel et bien crédibles et qu'il faut s'y attarder sérieusement. Soyons donc réceptifs à tous les signes avant-coureurs et ne laissons pas ces gestes, aussi banals semblent-ils, se perdre sans réagir promptement. Il ne faut pas passer sous silence ces actes de cruauté envers un animal qui pourraient par la suite être répétés sur un être humain. Agissons : appelons les policiers ou contactons la S.P.C.A. Montérégie !

(Photos: S.P.C.A. Montérégie)
Webographie
STOP ABUS ANIMAL, Stop Abus Animal Bulletin N°6, [En ligne]. Adresse URL :
http://www.stop-abus-animal.com/bulletins/n6.htm
VEG ANIMAL, VegAnimal.info - Site de Sensibilisation contre l'Exploitation Humaine, Animale et des ressources de la Planète, [En ligne]. Adresse URL : http://www.veganimal.info/article.php3?id_article=493
C.D.D.A. COALITION POUR LA DÉFENSE DU DROIT ANIMAL, :: CDDA :: Coalition pour la Défense du Droit Animal, [En ligne]. Adresse URL : http://www.kapricodesign.com/cdda/cruaute.htm
OFFICE OF JUVENILE JUSTICE AND DELINQUENCY PREVENTION, Juvenile Justice Bulletin - September 2001 - Animal Abuse and Youth Violence, [En ligne]. Adresse URL : http://www.ncjrs.gov/html/ojjdp/%20jjbul2001_9_2/page5.html
1 Élizabeth DeViney, Jeffrey Dickert, et Randall Lockwood, «The Care of Pets Within Child-Abusing Families», International Clinic, No. 28 (1964) pp. 11-22
2 « Child Abuse and Cruelty to Animals », Washington Humane Society
3 Sharp Health Care
4 Cornell University College of Veterinary Medicine, Animal Health Newsletter, Nov. 1994
5 Daniel Goleman, « Child's Love of Cruelty May Hint at the Future Killer », The New York Times, 7 Aug. 1991
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